SUR LA POSITION ET LES INITIATIVES DE LA RÉPUBLIQUE D’OUZBÉKISTAN VISANT AU RÈGLEMENT DU PROBLÈME AFGHAN

Les questions de maintien de sécurité régionale sont les priorités de la politique extérieure d’Ouzbékistan. La sécurité constitue le fondement de tout son développement. Aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri de l’influence des menaces et des défis globaux.  Une grande inquiétude est liée à  l’insécurité croissante et à l’instabilité dans la région du fait de l’accentuation de l’escalade des contradictions en Afghanistan, de la radicalisation de la situation et de l’activisme de bandes terroristes.

L’Ouzbékistan, avant beaucoup d’autres pays, a condamné la nature destructrice du terrorisme international et de l’extrémisme religieux. En 1993, à la 48e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président de la République d’Ouzbékistan Islam Karimov a appelé à unir les efforts pour la lutte contre cette menace globale et a noté la nécessité du règlement du problème afghan avec le soutien de la communauté internationale. Cette situation éveille l’inquiétude dans beaucoup de pays du monde, tout particulièrement dans les Etats voisins de l’Afghanistan. L’escalade de cette tension influence directement la sécurité régionale et globale. Malgré l’implication de la communauté internationale, ainsi que celle de la coalition internationale antiterroriste au processus de la réhabilitation politique et économique de l’Afghanistan, la situation dans ce pays reste compliquée et imprévisible. Elle se dégrade aussi par la hausse du volume du trafic de drogue venant de l’Afghanistan, où aujourd’hui la production de l’opium dépasse 8 mille tonnes soit 90 % de la production mondiale. Il faut tenir compte du fait que le trafic de drogue est l’une des ressources importantes du financement des terroristes et contribue à la déstabilisation de la situation en Afghanistan et dans les Etats voisins.

Le Président de la République d’Ouzbékistan Islam Karimov a lancé une série d’initiatives visant au règlement du problème afghan. La position et les propositions de l’Ouzbékistan ont été mises en valeur par le Président ouzbek lors du sommet de l’OTAN au mois d’avril 2008 à Bucarest et au sommet de l’Organisation pour la coopération de Shanghai (OCS) au mois d’août 2008. Notamment, il a souligné que la dynamique de la situation afghane témoigne clairement du fait qu’il ne faut pas résoudre le problème afghan par l’utilisation des forces armées, des moyens militaires et d’un renforcement de la militarisation.  La guerre en Afghanistan, qui dure depuis plus de 30 ans, a détruit l’infrastructure économique et sociale, a conduit à l’appauvrissement de la population. Il faut reconnaître que ce phénomène ôte aux individus la confiance en leur avenir et crée les conditions de recrutement des nouveaux combattants. La situation actuelle nécessite de nouvelles stratégies d’approches pour la résolution du problème afghan. La priorité doit être l’assurance d’une aide économique bien orientée, la construction et la création des infrastructures sociale et économique, l’assurance de l’emploi, la solution des problèmes liés à la pauvreté. Il est aussi nécessaire d’assurer une attitude de respect à l’égard des valeurs nationales et religieuses, des traditions séculaires et des coutumes du peuple multinational et multiconfessionnel d’Afghanistan. Ainsi il convient d’opérer la consolidation des forces opposées.

La stratégie nécessaire pour parvenir à ces objectifs devrait être le renouvellement de l’activité du Groupe de contact « 6+2 » sur l’Afghanistan. Celui-ci a fonctionné avec succès dans les années 1990 et il conviendrait à présent de le transformer en Groupe « 6+3 », en impliquant dans ce processus l’OTAN. Pour mémoire, les pays voisins de l’Afghanistan – l’Iran, le Pakistan, la Chine, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que les Etats-Unis et la Russie faisaient partie du Groupe « 6+2 ». L’initiative du Président Islam Karimov témoigne de son excellente perception de cette situation régionale complexe.

Tenant compte des expériences positives, le groupe de contact ainsi définit peut devenir un mécanisme efficace de la coopération internationale sur les recherches de solution au problème afghan. La Communauté internationale avait reconnu le fait que, pendant la période des événements historiques d’Afghanistan, le groupe de contact « 6+2 », créé sur l’initiative du Président de l’Ouzbékistan et sous l’égide de l’ONU, a été un mécanisme international efficace pour le règlement politique du problème afghan. Dans le cadre de ces efforts, des réunions du groupe « 6+2 » ont été organisées au niveau des ministres des affaires étrangères lors de la 54e session de l’Assemblée générale de l’ONU pour la réunion du groupe à Tachkent en juillet 1999, ainsi qu’une série de consultations au niveau des vice-ministres des affaires étrangères. A la suite du bilan de cette réunion, la déclaration de Tachkent sur les principes du règlement du conflit en Afghanistan (juillet, 1999) a été adoptée. Cet événement historique a permis de consolider les efforts des pays impliqués et de la communauté internationale pour résoudre la crise. Dans le cadre de cette réunion, pour la première fois autour de la table des négociations, se sont réunis les représentants haut placés des parties afghanes opposées.

La République d’Ouzbékistan prend une part active dans les actions de la communauté internationale visant au renforcement de la stabilité et du développement de l’Afghanistan et attribue une grande importance aux relations amicales et de bon voisinage avec ce pays. Ce fait est conditionné non seulement par l’existence des frontières communes et par les intérêts mutuels pour la coopération et le maintien de la paix,  de la stabilité et du progrès dans la région. Dans le but de contribuer à l’aide de la communauté internationale en Afghanistan, le gouvernement ouzbek a pris la décision d’ouvrir le pont de « Khayraton » aux frontières ouzbéko-afghanes en décembre 2002 et le complexe douanier d’« Ayritom » en novembre 2003. Suite à la demande du gouvernement afghan, l’Ouzbékistan a construit 11 ponts dans la section de Mazari-Charif – Kabul. Ces constructions d’infrastructures de communication à l’étape initiale du processus du rétablissement économique de l’Afghanistan ont permis un trafic régulier entre le nord et le sud du pays. À partir de 2002, la livraison de l’électricité en Afghanistan a été rounevelée. De fait, l’Ouzbékistan accorde toute l’aide possible au  rétablissement de l’économie afghane. Il fournit notamment le combustible, les matériaux de construction et de laminerie, les engrais, la production alimentaire etc. L’Ouzbékistan est partie contractante dans la réalisation du projet de construction du chemin de fer Mazari-Charif – Khayraton.

Et, depuis 2002, la livraison de l’électricité en Afghanistan a été renouvelée.