LES OBJECTIFS DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE L’OUZBÉKISTAN

Le 31 Août 1991, jour de la proclamation officielle de l’indépendance du pays, date le début de la pleine intégration de l’Ouzbékistan dans la communauté internationale. En 1991, le Ministère des Affaires Etrangères de l’Ouzbékistan ne comptait que 10 employés, affectés uniquement au protocole et aux fonctions de représentation ou à l’accompagnement des hôtes de l’ex-URSS sur les sites historiques et culturels de l’Ouzbékistan.

L’organisation du Ministère des Affaires Etrangères et l’élaboration de la politique étrangère de l’Etat indépendant se sont enracinées dans les siècles d’expérience de la diplomatie ouzbèke. L’apogée de l’Etat ouzbek, à l’époque d’Amir Temur, a été caractérisé par d’intenses relations politiques et commerciales avec la Chine, l’Inde, l’Égypte, l’Espagne, la France et les autres pays européens et asiatiques. Grâce aux efforts diplomatiques de Temur, pour la première fois dans la pratique des relations internationales, l’Europe et l’Asie ont commencé à être perçues comme un espace géopolitique commun.

Depuis son accession à l’indépendance, l’Ouzbékistan a recouvré la maîtrise de sa politique étrangère. Elle est fondée sur des principes universellement reconnus comme la priorité des intérêts nationaux et d’Etat, des normes du droit international, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, la résolution de tous les différends par des moyens pacifiques.

Il faut reconnaître qu’atteindre les objectifs de la politique intérieure et étrangère de l’Ouzbékistan s’est produit non seulement dans les conditions difficiles de la transition, mais aussi dans une situation internationale compliquée. Au tournant du XXème au XXIème siècle, après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’Union soviétique, un nouveau système de relations internationales a vu le jour. Toutefois, ont surgi des intérêts communs et des contradictions profondes, des tendances à la coopération et à la rivalité. La communauté mondiale est confrontée aux nouvelles menaces et défis pour la sécurité : terrorisme international et extrémisme, trafic de drogue, prolifération des armes de destruction massive, crime organisé.

Depuis l’indépendance, sous la direction du Président de l’Ouzbékistan, la politique étrangère ouzbèke s’est structurée avec la mise en œuvre du principe de la « diplomatie préventive ». Sa substance réside dans le fait que les problèmes devraient être résolus sur le fond, de manière systématique, cohérente et fondamentale. Elle vise à assurer la prévention à temps d’une escalade de la tension, du développement des situations conflictuelles et d’autres phénomènes négatifs.

L’action diplomatique de la République d’Ouzbékistan s’est manifestée à la tribune de l’ONU et d’autres organisations internationales importantes pour appeler à plusieurs reprises la communauté internationale à mener des actions concrètes pour résoudre le problème afghan, à engager avec détermination une lutte globale et offensive contre le terrorisme international, l’extrémisme et le trafic de drogue, à créer en Asie Centrale une zone exempte d’armes nucléaires.

L’indépendance de l’Ouzbékistan et le désir du peuple ouzbek de prendre en mains leur destinée ont bénéficié de l’appui de la communauté internationale : Les transformations en cours dans la République et les réformes menées sont soutenues par des organisations internationales, des pays étrangers, des entreprises et des institutions financières internationales qui coopèrent activement avec l’Ouzbékistan.

L’établissement avec de nombreux pays des relations fondées sur les principes de partenariat équitable et de respect mutuel a permis à l’Ouzbékistan de s’intégrer avec succès dans le système économique mondial, de mener une coopération internationale plus active dans les domaines politique, économique, scientifique, technique et culturel.

La priorité la plus importante de la politique étrangère de l’Ouzbékistan est de développer et de renforcer les relations et la coopération multiforme avec ses voisins, en particulier avec les pays de la région. L’approfondissement ultérieur de la coopération régionale est une condition essentielle de la paix, de la stabilité et de la prospérité en Asie Centrale. Dans ce contexte, nous attachons une importance particulière à la coopération constructive au sein de l’Organisation de coopération centrasiatique.

En développant des relations dynamiques et continues avec l’Occident, l’Asie-Pacifique, le Sud-est et l’Asie du Sud, l’Ouzbékistan veut les remplir avec un sens qualitativement nouveau.

Notre pays continuera à intensifier ses efforts pour développer et renforcer le dialogue politique et les relations économiques et commerciales avec l’UE, conformément à l’Accord de partenariat et de coopération entre l’Ouzbékistan et l’Union européenne, signé en 1996.

La coopération avec les pays de la CEI, en vertu de laquelle les Etats participants coordonnent leurs positions afin de mettre en œuvre leurs politiques nationales dans un cadre de coopération multilatérale et bilatérale, reste toujours d’actualité.

Avec l’acquisition de l’indépendance, l’Ouzbékistan a été en mesure d’établir des contacts directs avec les pays dont la  religion, les coutumes et les traditions sont similaires, ainsi qu’avec les pays de civilisation musulmane d’Asie, et du Moyen-Orient. Le développement des relations politiques, économiques, humanitaires et culturelles avec ces pays connaît une dynamique positive.

L’une des priorités de la politique étrangère de l’Ouzbékistan reste la coopération internationale pour préserver la stabilité et la paix, tant au niveau régional que mondial. Sur la base du principe de l’indivisibilité de la sécurité, l’Ouzbékistan a plaidé en plusieurs reprises pour accroître le rôle des institutions internationales, principalement l’ONU, l’OSCE, l’Organisation de Coopération de Shanghaï, l’Organisation de Coopération Centrasiatique pour assurer la stabilité et la sécurité en Asie centrale.

Ces dernières années, l’Asie centrale, ainsi que la communauté mondiale, ont du faire face aux aspirations criminelles des organisations terroristes internationales, des cartels de drogue, et de diverses forces extrémistes. Dans ce contexte, l’objectif clé de la politique étrangère de l’Ouzbékistan a été et sera la coopération internationale en matière de sécurité, tant au niveau régional que mondial. L’Organisation de Coopération de Shanghai est un exemple concret dans ce sens.

À la suite de l’opération antiterroriste en Afghanistan, le niveau des menaces à la sécurité régionale provenant de ce pays, a diminué de façon significative. On constate un renforcement significatif de la stabilité en Asie centrale. En soutenant, dans un cadre multilatéral, l’administration afghane dirigée par Hamid Karzai, l’Ouzbékistan continuera à contribuer à l’avenir au retour aussi rapide que possible de la population afghane à la vie pacifique. En invitant l’Afghanistan à participer en tant qu’observateur à l’Organisation de la coopération centrasiatique, nous avons reconnu la nécessité d’impliquer aux processus régionaux ce pays, qui fait partie intégrante de l’Asie Centrale. Nous sommes convaincus que cela aura un impact positif sur la reconstruction du pays à l’issue du conflit afghan.

L’isolement géographique constitue un sérieux problème pour la région. A cet égard, l’Ouzbékistan continuera ses efforts pour le désenclavement de l’Asie centrale à travers de la création des corridors de transport  et de communication d’alternatives. Le plus prometteur est la route Trans-Afghane, réseau menant à des communications maritimes dans l’océan Indien.

La réalisation de ce projet en collaboration avec les États voisins et les autres pays intéressés, avec l’aide des pays donateurs et des institutions financières internationales contribuera à la fois au développement durable de la région et au changement radical de la carte géoéconomique de l’Asie centrale.